Charlotte Bruneau

Journalist, Filmmaker, Luxembourg

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Article

Un jour comme les autres à Lampedusa

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La réalité migratoire en Europe

 Après la publication de "Lampedusa: Une rencontre aux abords de l'Europe" en 2013, l'ethnologue luxembourgeois Gilles Reckinger a initié un nouveau projet, "Bitter Oranges", qui dénonce les conditions de travail des migrants dans le sud de l'Italie.

L'actualité tragique aux larges des côtes de Lampedusa a permis une fois de plus de visualiser l'immigration clandestine, ce concept façonné par les images de silhouettes à baluchon entourées de gyrophares. Il semble d'ailleurs que la relation entre l'Européen et l'immigré clandestin, le "sans-papiers", n'existe souvent que par imaginaires interposés. Pour ce dernier, l'Européen est, au mieux, un acteur de Hollywood, au pire un agent de la Frontex. Pour l'Européen, le "sans-papiers" n'existe souvent, comme son nom l'indique, que par l'absence. C'est une personne du manque. Sans papiers, sans argent, sans emploi.

"La proximité empêche les projections racistes".

Pour changer de regard, les ethnologues luxembourgeois Gilles Reckinger et Diana Reiners, son épouse, partent une première fois pour Lampedusa en 2009. L'île au large de la Sicile est minuscule, avec 5.700 habitants pour 20 km2. Alors que les côtes siciliennes se trouvent à 200 km, celles de la Tunisie sont plus proches, à 110 km. Mais en comparaison avec les 14 km qui séparent Tarifa des côtes marocaines, Lampedusa n'est pas aussi proche du continent africain que l'actualité le suggère parfois. La distance que les migrants doivent parcourir pour atteindre l'île italienne reste considérable, notamment au vu de leurs embarcations.


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